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_'__Certains seraient prêts à tuer, d'autres à mentir. Certains seraient prêts à partir, à tout quitter. À changer de vie, à tout renier ... Famille, amis. D'autres seraient prêts à se battre contre ciel & terre. Mais et vous ? Jusqu' où seriez vous prêt à aller ... Pour sauver celui que vous aimez ?
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___'Mini Fictions à la guimauve fondue. Mélange des genres. Entre la douceur & le Angst. Contenu pouvant choquer. Anciennement Jeux-Themes-483x. Ceci est une fiction, à ne pas prendre au premier degré. Plagiat interdit. Ne seront prévenus que ceux qui laissent une trace.

____________MINI FIC :_____

_____[ #1 ] Wild animal '[ Terminée ]
___________~ Chapitre 1 ________~ Chapitre 2
___________~ Chapitre 3 ________~ Chapitre 4
___________~ Chapitre 5 ________~ Epilogue
_____|→ [ Angst - Guimauve ] _ Retrouve moi, dompte moi, aime moi ! Après plusieurs années de séparation, Bill rejoint sa ________famille. Apeuré, détruit et sauvage, il va devoir réapprendre tout ce que son père lui a enlevé.


_____[ #2 ] Don't be afraid to speak ! '[ En cours ]
___________~ Chapitre 1 ________~ Chapitre 2
___________~ Chapitre 3 ________~ Chapitre 4
___________~ Chapitre 5
_____|→ [ Yaoi - Guimauve ] _ À vingt et un ans, Tom est un brillant étudiant en médecine très prometteur. Tous sont ________unanimes. Il deviendra un des plus grand chirurgien ! Mais à chaque tentative d'intégration, le coeur de Tom se ________ferme, tout comme ses mots se bloquent au fond de sa gorge.


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# Posté le vendredi 27 mars 2009 18:05

Modifié le samedi 28 novembre 2009 07:18

__BOITE À IDEES :__


J'ai souvent des envies d'écrire mais quelque fois mon petit cerveau ne trouve pas l'idée parfaite. Je vous propose donc de me laisser des idées que je pourrai écrire. Mais je pense que la plupart connaissent déjà ce principe.

Je mets à votre disposition un formulaire que vous pouvez remplir. Je n'accepterai seulement les idées Yaoi avec comme couple Bill et Tom. ( Je m'excuse d'avance pour les fans de GG` .. qui font trop ' hommes ' selon moi pour avoir ce genre de relation ! ) - Je n'accepterai pas de fin dramatique, étant une grande fanatique des Happy-End, des Bisounours, & de guimauve très dégoulinante. Soyez le plus précis possible ! Avec tous les détails que vous voulez ! Je sélectionnerais les meilleures idées, les plus originales, les plus pertinentes chaque semaine ! : ))


- Histoire :
- Dominant ( si lemon il devait avoir ) :
- Lieu :
- Exigences à respecter :



____________IDEES :_____
#1 1OOO-Oceans-x - Histoire : C'est la fin du monde et il y a un petit groupe de personnes qui réussi à se réfugier dans un bunker. Dedans, Bill Kaulitz; 20 ans, ayant perdu famille et amis, et Tom Trümper; 20 ans aussi, victime d'une maladie incurable. Les deux jeunes hommes se lient d'amitier, surtout à cause de leur point commun: la solitude. Bill a tout perdu, et Tom...On le fuit comme la peste. C'est alors que Bill décide de tout essayer pour faire de leurs derniers moments sur la terre, une merveilleuse aventure. ( Idée retenue ! En ligne prochainement ! )

# Posté le mercredi 28 octobre 2009 16:22

Modifié le vendredi 20 novembre 2009 13:17

*/ Mini Fic 1 : Wild Animal{ Chapitre 1 }__

*/ Mini Fic 1 : Wild Animal{ Chapitre 1 }__
___Le soleil, qui a passé de nombreuses heures perché en haut d'un ciel mouvementé amorce sa descente, allant tout droit se cacher derrière un nuage épais, à la couleur d'un gris si triste. Les longues et belles soirées d'été, où la chaleur était omniprésente, même lorsque le crépuscule faisait son apparition, s'en vont tranquillement, sans regret de laisser leurs places aux nuages et aux orages, qui seront source de nombreux cauchemars cette nuit là.
___18 heures sonnent au clocher de Burlington, petite ville américaine qui longe les bords du Mississipi. Village si paisible selon les plus anciens et si ennuyeux si on se fit à leurs enfants. À l'heure ou généralement la mère de famille commence à préparer le diner, laissant son époux regarder un match de football à la télévision, s'énervant contre son équipe favorite, mené au score ... À l'heure ou généralement les plus jeunes rentrent à la maison, contestant encore et toujours l'heure du couvre-feu, alors que leurs ainés se préparent à sortir dans cette nouvelle boite branchée à quelques kilomètres de là ... Une famille sort de l'ordinaire.
___La mère ne prépare pas le diner. Celui-ci est préparé depuis bien longtemps. Elle a passé des heures dessus, tout en sachant très bien que personne ne mangera ce soir. L'appétit à définitivement quitté cette famille. Laissant la nausée prendre sa place. L'homme qui incarne la figure paternelle dans cette maison regarde son écran de télévision, mais son esprit est ailleurs. Quand au fils, il ne se prépare pas à sortir. Il a annulé sa soirée, ainsi que toutes celles de cette semaine, et toutes celles qui arrivent. D'ordinaire si joyeux et si fêtard, en ce moment précis, son esprit n'est pas occupé par les filles et l'alcool, comme tous ceux de son âge. Une seule chose occupe son esprit, et balaye toutes les autres. Et cela fait 11 ans qu'il attend.
___De quoi s'agit-il ? Du retour de son frère, trop longtemps absent, trop vite retiré du cocon maternel, et trop souvent maltraité par son géniteur. Tom n'en peut plus. Cette colère qu'il ressent pour son père, cette souffrance et cette haine qu'il accumule depuis des années ne ressort que maintenant. Il ne casse pas tous les objets de sa chambre, ne démolie pas son ordinateur, ni sa console de jeux, et ne jette pas à travers la pièce sa collection de bandes dessinées ... Non, c'est déjà fait ! À l'instant même ou l'assistante sociale a appelé, il y a de cela quelques heures, leur annonçant qu'il avait retrouvé Bill, cloisonné dans une chambre de trois mètres carré, sans lumières ni meubles, au quatrième étages d'un immeuble New Yorkien, Tom a vu rouge. Alors plutôt que de partir à la recherche de son père, s'étant envolé lorsque les sirènes des voitures de police ont retenti dans le quartier, Tom a préféré démolir sa chambre, plutôt que de se détruire lui-même. Il se calmera ainsi, et attendra patiemment le retour de son âme jumelle.
___Même après onze ans, Tom n'a pas oublié. Ses souvenirs sont restés intact. Il se souvient de tout. De ce divorce qui a déchiré ses parents et surtout son coeur, de la fuite de son père, un soir brumeux d'octobre, emportant avec lui son tendre petit frère, de dix minutes son cadet. Pourtant, il lui avait promit ... qu'à la fin du week end, ils iraient au square, et donneraient à manger aux canards. Bill lui avait promit. Tom se souvient de ses nombreux coups de téléphone, et de ces tentatives désespérées pour tenter de le retrouver ... pour tenter, de l'oublier. Alors même après toutes ces années, Tom n'a pas rayé de sa mémoire ce petit garçon brun innocent, aux grands yeux chocolat, si rieur, si sensible ... et si semblable à lui.
___Lorsque la sonnette retentit, tous se fige. Tom, qui comptait sur sa guitare pour l'aider à évacuer ce trop plein d'émotion, et qui pourtant n'a pas réussi à en sortir le moindre son, se précipite dans les escaliers, manquant de tomber plusieurs fois. Gordon Trumper, qui a comblé le manque d'un père pour Tom, et d'un mari aimant et tendre pour Simone depuis le départ de Jorg, éteint la télévision, ne réalisant toujours pas que le match est fini depuis une heure maintenant. Simone quant à elle, essuie ses yeux rougis, signe que la tristesse l'a emporté sur la rage et la colère. La porte s'ouvre doucement, comme un film au ralentit. Ils auraient voulu repousser ce moment, encore et encore, mais jamais ils n'auraient eu assez de courage pour y faire face.

- Bonsoir, je suis Agathe, l'assistante sociale. C'est moi que vous avez eu au téléphone tout à l'heure.

___Ils auraient pu être impressionné par l'assurance et le charisme de cette jeune femme, faisant face à cette situation comme un vulgaire échange de vêtement. Mais pour le moment, ils n'en avaient rien à faire. Leurs yeux étaient tournés sur la personne qui visiblement essayé de se cacher derrière elle, sans grand succès. Trop grand et trop mince pour son âge, ce jeune garçon ne supporte déjà pas leurs regards posés sur lui. Trop timide et introverti, il déteste déjà sa nouvelle vie, comme il avait haïe la précedente. À défaut d'être transparent, même s'il l'aurait voulu, il était différent. Ses longs cheveux brun emmêlés et sales lui tombent sur le visage, cachant ses yeux, en ce moment rempli de peur et d'appréhension. Ses vêtements, bien trop large pour lui, cache son corps si fin qu'il déteste et mutile.

- Avance Bill, ne soit pas timide. Viens te mettre au chaud.

___Mais le brun, malgré l'insistance d'Agathe, restera dans l'entrée. Il ne connait pas ces gens-là. L'assistante sociale lui a dit qu'ils faisaient partie de sa famille. La seule famille qu'il a eu jusqu'à présent lui a fait du mal ... Alors, il ne veut plus en avoir. Malheureux et orphelin, c'est ce qu'il est depuis des années, pourquoi changer maintenant ? La discussion se poursuit, et Simone ne peut retenir ses larmes plus longtemps. Tout le scénario qu'elle s'était imaginée s'écroule, tel un château de carte exposé en plein vent. Elle aussi croyait voir arriver le Bill jovial et heureux de vivre, qui leur aurait sauté dans les bras, les suppliant de ne jamais plus le laisser seul. Le Bill d'aujourd'hui ne ressemble plus à ce garçon de six ans, tel qu'il était gravé dans la mémoire de sa mère. Ce n'est plus qu'une enveloppe charnelle, un pantin désartibulé, dont son père a trop souvent tiré les ficelles. Son âme d'enfant, son rire cristallin et ses fossettes pleines de malice, c'est son père qui les lui a volé. Prenant en même temps l'amour et le respect que son enfant avait pour lui.

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Tom : Voilà, c'est ta chambre Bill. C'est moi qui ai tout rangé, alors si tu retrouves une chaussette sale, c'est normal.

___Malgré une vaine tentative d'humour, le brun ne lèvera pas les yeux sur celui qui se dit être son jumeau. Bill s'est trop souvent accroché à l'idée qu'un jour, son père changerait, qu'il redeviendrait ce père aimant et attentionné qu'il avait connu jusqu'à ces six ans. Mais malgré ces centaines de prières, le bon Dieu ne l'a jamais entendu. Tom est certainement comme son père. Il sera doux et gentil au début. Peut-être même lui dira-t-il qu'il l'aime. Mais à la moindre bêtise, aux moindres faux pas, et c'est toutes les barrières qui s'écrouleront. Brisant ainsi cette loi qui interdit et puni gravement les pères incestueux.

Tom : Tu sais, j'suis content de te revoir Bill. Tu m'a manqué.

___Le plus grand des deux frères ne sait pas comment amorcer la discussion. Agathe a bien expliqué que le début serait dur, et qu'il faudrait surement plusieurs jours avant que Bill ne réapprenne à avoir confiance en eux, et surtout en lui. Mais Agathe ne s'était surement pas attendu à ce que Bill soit une véritable tombe, n'osant même pas lever les yeux, préférant les garder baissés, scrutant la moquette de sa nouvelle chambre. Tom, après toutes ces années, ne peut s'empêcher de lever une main, les yeux brillants de larmes, pour pouvoir ne serait-ce qu'un petit peu toucher et combler l'absence de son âme jumelle. Juste pour se persuader qu'il est réellement de retour.

Bill : Lâche moi !

___Ses premiers mots sont pour Tom, et ils sont aussi froid qu'un morceau de glace sur la banquise. Bill recule au fond de la pièce, apeuré, son regard cherchant désespérément une sortie de secours. Tom ne sait pas ce qui l'a le plus surpris. Le mouvement brusque de son jeune frère alors qu'il l'a à peine frôlé, ou sa voix grave et cassante, qui n'a desormais plus rien à voir avec celle douce et enfantine, celle de ses souvenirs.

Tom : Bill je ... je ne te ferais jamais de mal.
Bill : Laisse moi tranquille maintenant !

___La glace étant brisée, il lui semble plus facile maintenant de parler. Les mots sortent tout droit de sa gorge, et vont tout droit détruire le coeur de Tom, comme si Bill avait fait de ses paroles des flèches empoisonnées. Plus jamais, non plus jamais le brun ne refera confiance à quelqu'un. Surtout pas à Tom. Pourquoi lui ? Pourquoi est-ce arrivé à lui ? Et pas à Tom ? Comment ose-t-il revenir après tant d'années d'absence, et prétendre sauver son monde. Lui ... qui n'a jamais rien fait pour tenter de le retrouver. C'est trop tard pour Bill. Tom a onze ans de retard, qui ne pourront jamais être rattrapés

Tom : Bill t'es ... t'es pas content de revenir ici ?

___Les larmes aux yeux, Tom fait une dernière tentative, avant de baisser les armes, en entendant le non catégorique de son frère. Même après toutes ces années, Bill a conservé ce don si exceptionnel de blesser son frère avec de simple mots. Le coeur de Tom saigne. Et ce n'est pas Bill qui cicatrisera ses blessures cette fois. Tom sort de la chambre, laissant son frère au fond de la pièce, devant la fenêtre, le nez collé à la vitre. Ses yeux se sont levés, et fixent maintenant le Ciel, se demandant s'il ne serait pas plus heureux là haut. Dieu lui a déjà fait tellement de mal. Pourquoi ne continue-t-il pas, pourquoi ne le rapelle t-il pas près de lui ? Comme une brebis égarée, même son créateur ne veut plus de lui.
___Il entends les escaliers grincer, signe que Tom est redescendu. À présent il est seul. Seul dans sa chambre, seul avec lui-même, comme il l'a toujours été. Il entend des voix, des bribes de mots, un début de conversation qu'il ne parvient à saisir. Mais le plus douloureux à entendre sera les sanglots de Tom et ses nombreuses questions, qu'il ne cessera de poser, jusqu'à ce qu'il ne trouve une réponse.

Tom : Pourquoi il ... il n-ne m'aime pas ? Il m'a dit qu'il ... qu'il n'était p-pas content de revenir ici. Moi ... moi i-il m'a manqué. Pourquoi m-moi ... Je ne lui ai r-rien fait ...

___Bill n'entendra pas l'explication d'Agathe. Son menton s'étant mis à trembler soudainement. Savoir que tout cela est de sa faute le rend malade. Il n'a jamais ressenti ce genre de choses, mais pourtant il a mal au fond de son coeur. Un je ne sais quoi qui lui tord les entrailles, qui lui brouille la vue, et qui lui noue la gorge. Il marche jusqu'à son lit, ouvre son sac à dos mité, contenant désormais toute sa vie, et en ressort une vieille peluche. Le seul souvenir de son enfance. Cet éléphant, qui autrefois était d'une belle couleur bleue, est maintenant de la même couleur que ces nuages, menaçant le ciel de ses éclairs. Il a été durant toutes ces années son seul et unique confident, le gardien de ses secrets. Il cache le restant de ses affaires sous le lit, et se glisse dans les couvertures, entièrement habillé. Il a toujours cru que la barrière de ses vêtements, aussi sale soit-il, empêcherait son père de le toucher. Il avait mal cru. La tête posée sur l'oreiller, la couverture remontée jusqu'à son menton, il frotte son éléphant contre son visage, étouffant ainsi ses larmes, que seul sa peluche verra. Il espère disparaitre derrière ce morceau de tissu, se fondre en lui, être rayé de la surface de la Terre. Ou tout simplement être comme lui, une simple peluche, sans problème ni soucis, passant juste l'éternité au côté d'une personne qui l'aurait tant aimé.
___Cette nuit là, il ne dormira pas. Trop occupé à essayer d'entendre le moindre bruit qui lui signalerait le retour de son père. Mais celui-ci ne reviendra pas ... Il ne reviendra plus.

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___Huit heures. Bill est déjà réveillé. Quelque chose d'inconcevable pour les jeunes de son âge, surtout un samedi matin. Dire que Bill a le sommeil léger serait une métaphore. Il ne dort pratiquement pas, les yeux toujours ouverts, à l'affut du moindre mouvement qui lui signifierait qu'on va encore lui faire du mal. Mais personne n'est venu cette nuit. Même pas Tom. Et pourtant il l'a entendu pleurer toute la nuit. Lui aussi est seul, et aigri. Bill est complètement perdu sur le chemin de la vie, n'ayant même pas une carte pour se repérer. Arrivé à un carrefour, il tourne comme un lion en cage, ne sachant pas quelle route prendre.
___C'est le manque de courage qui l'empêche de sortir de son lit. Il n'a pas bougé depuis la veille, ne faisant pas plus de bruit qu'une souris. Et la maison étrangement silencieuse ne l'encourage pas. Ses yeux se remplissent de larmes lorsqu'il sent que sa vessie le trahit. Et malgré ses vaines tentatives pour se retenir, il souillera le matelas, comme son père a souillé son âme. Complètement mouillé, humilié et gêné, il sanglote silencieusement, le nez fourré contre sa peluche, n'osant même pas quitter le lit. Il restera dans cette position de faiblesse durant plusieurs heures, laissant l'odeur de l'urine envahir la pièce. Un sursaut le prend lorsque Simone rentre dans la chambre, après avoir doucement frappé contre sa porte.

Simone : Tu es reveillé Bill. Tu as bien dormi ?

___Comprenant que même la plus idiote des personnes sentirait son accident, Bill laissa échaper un sanglot, se recroquevillant dans sa saleté, ses mains protégeant son visage.

Simone : Bill ? Qu'est-ce que ...

___Il entend clairement sa mère humait le parfum de la chambre. S'attendant à recevoir son châtiment, le brun ne cesse de murmurer des " Pardon, pardon ", sa voix se brisant dans les sanglots.

Simone : Bill non ! Ce n'est pas ta faute, ce n'est pas grave. C'est ... c'est ... Pardonne nous Bill, nous aurions du te faire visiter la maison hier.

___Sentant son coeur se calmer, mais attendant quand même quelques secondes pour être sur, Bill hôte les mains de son visage, et regarde celle que son père détestait profondément. Simone semble être une personne gentille et douce, rien à voir avec le portrait que son père avait dressé d'elle. Bill ne répond pas, mais ses yeux la fixent, voulant déceler le moindre geste qui révélera sa vraie nature. Pourtant, tout ce que Bill arrivera à voir, c'est son sourire chaleureux et ses yeux d'une extrême tendresse. En onze ans son regard n'a pas changé, et Bill s'en souvient.

Simone : Ce n'est pas grave Bill, je vais changer les draps. Tu veux prendre une douche en attendant ? La salle de bain est au bout du couloir, la porte de gauche.

___Bill n'a pas besoin qu'on lui dise. Il le sait, et il le sent. Il est sale. Et la saleté ne se résume pas à la sueur et à la crasse qui émane de lui. L'humiliation, la honte et le dégoût ne font que renforcer ce sentiment d'infériorité. Les joues légèrement plus rouge, Bill baisse les yeux, et joue timidement avec sa peluche cachée sous la couverture, attendant que Simone ne crie, ne lui hurle qu'il n'est qu'un garçon sale et dégoutant. Attendant ce traitement qu'il était habitué à recevoir avec son père. Les secondes ont passé, et ne voyant toujours rien arriver, Bill a relevé les yeux. Simone s'est déplacé et se trouve désormais à côté de lui. Comme la veille, ce simple rapprochement lui déclenche une véritable crise d'angoisse. Son coeur s'emballe, sa respiration s'accélère, ses mains moites glissent sur sa peluche alors qu'il gémit doucement, sentant les larmes lui monter aux yeux. Il porte encore sur lui les traces de son père, et les cicatrices sont encore à vifs. Comprenant le malaise de son jeune fils, Simone s'empresse de se déplacer.

Simone : Je t'ai apporté des affaires propres si tu veux. Elles sont à Tom, mais on ira en achêter des neuves tout à l'heure, au centre commercial. D'accord ?

___Bill ne répondra pas. Ses pensées s'étant dirigées vers son frère. Lui en voudra-t-il pour hier ? Le brun espère que non. L'attitude indifférente d'un parent, il connaît. Et il ne voudrait pas voir sur Tom ce qu'il a vu si souvent sur le visage de son père. Il attend que Simone sorte de la pièce, allant tout droit chercher un nouvel ensemble de draps, avant de se glisser hors du lit. Il ramasse les affaires appartenant à Tom, et court presque en suivant la direction que lui a indiqué Simone. Tout au fond ... et à gauche. Le couloir lui semble long, et interminable. Pour lui qui n'a toujours connu que sa chambre, cette maison lui parait extrémement grande. Regorgeant sûrement de secrets et de mystères, jusque dans les moindres placards. Arrivé au bout, il déboule dans la salle d'eau, s'enfermant à double tour, et tente de calmer son coeur en feu, adossé contre la porte. Prenant doucement conscience qu'ici il ne craint rien, ce sentiment d'insécurité qu'il a toujours eu s'éfface petit à petit.
___Il se déshabille lentement, évitant de regarder son reflet dans le miroir, ne supportant plus de voir ce qu'il est devenu. Il se douche, alors que l'eau lui brûle la peau. Il frotte sa peau avec force, jusqu'à ce qu'elle ne rougisse, jusqu'à ce qu'il n'enlève toute trace de son père. Il se lave aussi les cheveux, tout en sachant très bien qu'ils sont tellement abimés que même le meilleur des coiffeurs baisserait les bras. Il les a toujours détestés. Longs, cassants et surtout noir. Noir comme la couleur de son âme. Tellement différent de ceux de son frère, lui, avec ces dreads blondes. Eux qui étaient si semblables autrefois.
___Le brun sursaute, en réalisant qu'il vient de repenser à son passé. Son vrai passé, pas la réalité déformée que son père n'a cessé de lui répéter. Il a doucement commencé à lui retourner le cerveau. Expliquant à son fils de six ans que son frère et sa mère ne voulaient plus le voir. Se basant sur des faits réels, il les a transformé ... à sa façon.
« Tu te souviens quand Tom t'as tiré les cheveux si fort, qu'ils ont mis plus de cinq mois à repousser ! Il aurait bien voulu être fils unique, pour avoir toute l'attention ! »
___Son père n'a cessé de lui narrer, tous les plus mauvais souvenirs qu'il avait. Rayant tous les bons. Mais le plus dur souvenir restera celui de bagarre avec Tom, secrètement organisé par Jorg. Accusant Bill d'avoir cassé le jouet préféré de Tom, Jorg jubillait, rigolait, la batte de base-ball en main ... la seule coupable de cet accident ... tandis que ses fils se frappaient à coup de poêles. Bill s'en sortira avec l'arcade sourcilière explosée, et l'amour qu'il avait pour son frère ... éclatera en même temps, la laissant couler comme son sang sur son visage. Une semaine après que son père l'ai emmené, Bill ne voulait plus rentrer. Son père avait été formel : sa mère le detestait, et son frère le haissait. Excuse dont se serverait sûrement Jorg s' il était traîné devant les tribunaux un jour. Après tout un enfant n'a-t-il pas le droit de choisir avec qui il veut habiter ? Oui, Jorg avait tout prévu.
___Comment un petit garçon de six ans pouvait-il comprendre autre chose. Comment pouvait-il imaginer que son père lui mentait. Non, son père l'avait recueillit après que sa mère ne l'ai chassé de sa maison, et de sa vie par la même occasion. Il ne lui restait plus que son père. Alors Bill s'est accroché à lui, avec toute l'énergie du désespoir, ne voulant pas reperdre un autre membre de sa famille.
___Alors qu'il sèche durement sa peau avec la serviette chaude que Simone a étendue sur le radiateur, Bill hume délicatement le nouveau parfum qui se dégage de lui. C'est une nouvelle chose, une nouvelle découverte. Sa peau sent désormais la vanille, et ses cheveux les fruits des bois. Un mélange de fraise, de groseille, peut-être même une pointe de framboise. Son odorat est aux anges. Pour lui qui n'a toujours connu que l'odeur de la saleté et de l'urine qui imbibaient son matelas, ces nouvelles sensations le font doucement sourire. Il se sent enfin propre, il est propre. Et sa traditionnelle nausée qu'il éprouvait en humant son odeur a disparu dans le siphon de la douche, emportant avec l'eau sale les souvenirs de son père.

# Posté le samedi 28 mars 2009 19:09

Modifié le vendredi 15 mai 2009 12:45

*/ Mini Fic 1 : Wild Animal{ Chapitre 2 }__

*/ Mini Fic 1 : Wild Animal{ Chapitre 2 }__
___Treize heures. Bill n'a pas quitté sa chambre de toute la matinée, n'osant pas aller plus loin que le pas de sa porte, se réfugiant à l'intérieur dès sa douche terminée. Le seul endroit où il se sent vraiment en sécurité. Il a tenté de sortir, mais les bruits provenant de l'extérieur lui ont fait peur. C'est Simone qui lui a monté son repas, après lui avoir au préalablement demandé s'il voulait déjeuner avec eux. Incapable de contrôler ses tremblements même dans sa propre chambre, envisager de descendre ces grands escaliers, de s'installer à la table et de supporter sur son corps les trois regards des autres membres de sa famille, est juste inconcevable. Simone est la seule personne qu'il a vu à ce jour. La porte entre ouverte, il a aperçu Tom hésiter longuement, faisant un pas, reculant de deux, avant de renoncer, repartant dans sa chambre, juste en face de la sienne.
___Complètement contradictoire, mais tellement vrai, Bill attend cette nouvelle rencontre avec Tom, autant qu'il en a peur. Comment expliquer à la personne censée être la plus importante pour vous, tout ce que l'on ressent, lorsque les mots restent bloqués, s'accrochant à votre gorge, sans avoir l'envie de sortir. Du haut de son repère, il a entendu la voix grave de Gordon, demandant comment il allait à Simone. De tout ce qui est nouveau ici, cette figure paternelle est surement la chose qui l'effraie le plus. Bill sait juste qu'il est ici depuis longtemps, et Tom n'a pas l'air maltraité. Il les a même vus hier, dans les bras de l'un de l'autre, alors qu'Agathe rassurait Simone sur son absence de réaction envers sa famille. Tom avait enfouie son visage dans le cou de Gordon, et son dos se secouait au rythme de ses sanglots. Une main caressant sa nuque, Gordon regardait ce qu'il considère comme son fils avec tendresse. Il lui a murmuré quelques brides de mots à l'oreille, ce qui a apaisé ses sanglots malheureux. Puis, il a fait quelque chose qui a étonné le brun. Son beau-père a laissé sur le front de Tom un baiser, rempli de douceur. Autant qu'il s'en souvienne, Bill n'a jamais connu cela. Tout ce que son père a laissé sur lui n'a rien à voir avec de l'amour. Et jamais son père ne l'avait regardé avec autant de tendresse que Gordon l'avait fait avec Tom. Alors le brun se force à croire qu'un jour son tour viendra. Que Gordon le prendra dans ses bras, qu'il calmera ses sanglots, et apaisera son coeur. Un jour peut-être, cette figure paternelle sera fière de lui, comme tout père doit-être fière de son fils.
___Bill picore quelques morceaux de poulet dans l'assiette, et se contente de ce maigre repas. Le brun n'a jamais eu beaucoup d'appétit. Les bruits à l'étage du dessous le font sursauter. Le moteur de la voiture qui gronde le fait trembler. Les escaliers qui grincent, les coups sur la porte de sa chambre font ressurgir des larmes dans ses yeux ternes.

Tom : Bill ? Est-ce que je peux entrer ?

___Tremblant comme une feuille, les battements de son coeur doivent certainement s'entendre à trois kilomètres à la ronde. Comme un étudiant attendant les résultats d'un examen, cette montée d'adrénaline et de peur ne font qu'un. Le brun ne répondra pas, mais hoche la tête, comme si Tom pouvait le voir à travers le bois de la porte. Celui-ci rentre tout aussi timidement, espérant que la colère de son frère ne se reproduise pas aujourd'hui.

Tom : Est-ce que ... ça va ?

___Bill hoche la tête doucement, ses yeux ne le regardent pas mais le surveillent néanmoins. Rassuré par le comportement de son jumeau, Tom ose un pas en avant, avant de tripoter les coins de son T-shirt nerveusement. Le visage fermé, ne voulant pas trahir la même déception qu'hier, Tom engage la conversation. Les mots ne sortent pas directement comme il l'aurait souhaité, préférant se bloquer dans le fond de sa gorge. Pour Tom qui avait répété son texte toute la nuit, envisageant toutes les possibilités, allant même jusqu'à prévoir ses déplacements, c'est un échec. Il bégaie, bafouille, avant de se lancer d'une traite.

Tom : Tu veux venir avec nous au centre commercial ? Maman veut achêter des vêtements.

___Le silence fait à nouveau son apparition. Les prunelles de Tom qui s'étaient ancré dans ceux de son frère pendant son bref monologue se font fuyant. Le rouge lui monte aux joues, tandis qu'il frotte nerveusement ses chaussettes contre la moquette. Sa demande effectuée, il se sent maintenant gauche, maladroit et terriblement mal à l'aise. Mais Bill ne répondra pas. Son manque de courage et sa peur prendront le dessus sur son envie de faire table basse de son passé. Il secoue la tête de droite à gauche, n'osant pas dire tout haut qu'il est pétrifié à la seule idée de quitter la maison. Il ne connaît pas le quartier, ni la ville, ni le centre commercial, et encore moins les personnes qui parcourent les allées. Que se passera-t-il si jamais il se perd ? Si jamais on l'abandonne ? Il préfère rester ici seul, plutôt que de revivre ce qu'il a vécu durant ces onze dernières années. La déception se lit clairement sur le visage de Tom.

Tom : Ok ... Heu, c'est pas grave. Je ... Je vais le dire à maman ...

___Il fait un pas en avant, se ravise, lève les yeux puis les abaisse. Avant de quitter la chambre. Le coeur de Bill bat encore la chamade, même lorsque Tom est loin de lui. Encore troublé par ce nouveau contact et cette proximité soudaine, il mettra plusieurs minutes à se calmer, faisant les cent pas dans la pièce, la seule chose qui arrive à le faire dé-stresser. Comme deux collégiens, apprenant l'amour en même temps, Bill et Tom sont maladroitement attendrissant si on oublie un instant leur lourd passé commun. Ils leur faut maintenant tout réapprendre. L'amour, la confiance, la complicité ...
___Bill se colle à la fenêtre, ravi de pouvoir enfin regarder le ciel à tout moment de la journée. Ce petit carré ancré dans le mur est pour lui le plus merveilleux des cadeaux. Un échappatoire à la dure réalité qui l'a rattrapé. Il baisse ses yeux ternes et vides, détachant ses prunelles des nuages blancs, encombrants le bleu du ciel, pour regarder sur le trottoir, ce qui désormais est sa nouvelle famille. Simone, qui s'était attendue à voir arriver ses deux fils se fige lorsque Tom se présente devant elle. Prêt à partir, le moteur de la voiture ronronnant comme un chat paresseusement allongé au coin du feu, Gordon s'avance vers Tom, le visage anxieux. Ils parlent tous les trois quelques secondes, sans que Bill ne parvienne à entendre le moindre mot. Puis alors que le brun s'était déjà fait à l'idée de rester ici seul pendant plusieurs heures, il constate avec surprise que seul Simone et Gordon prennent place dans la voiture, après avoir laissé une tendre bise sur la joue de leur fils. Celui-ci agite sa main dans un dernier au revoir, avant de diriger ses pas vers la maison. La porte claque, et c'est avec le souffle coupé que Bill entend les escaliers grincer à nouveau. L'ombre de son frère se dessine sur le pas de la porte. Cette saleté de flotte d'origine obscure revient inonder les prunelles du brun, alors qu'il tente de les chasser d'un coup de cil. Mais Tom ne rentrera pas. Il ne fermera pas la porte à clé, ne s'avancera pas vers lui avec un rictus accroché aux lèvres. Il ne fermera pas les volets, il n'allongera pas Bill sur le lit. Il ne sortira pas son fouet, et ses autres accessoires qualifiés dans le jargon de sado-masochiste. Non, Tom ne salira pas son tendre petit frère, comme son père l'a fait.

Tom : Bill ? Maman et Gordon sont partis au centre commercial. Je ... j'suis resté là. Je ... enfin on ... on n'voulait pas te ... que tu ... enfin voilà quoi ! ... Je suis dans ma chambre hein, si ... si t'as besoin de moi !

___Tom rentrera dans sa chambre, aussi vite qu'un léopard sautant sur une gazelle. Il était loin d'imaginer que cela aurait été aussi dur pour lui. Ne sachant pas comment réagir au comportement de son jumeau, il accumule erreurs sur erreurs, et n'a visiblement pas assez de courage pour faire le premier pas. Il se cogne la tête un peu durement contre son mur, s'en voulant à lui-même de ne pas être assez fort pour supporter tout ça. Il voudrait aspirer toute la douleur de son frère, pouvoir faire face, le libérer de ce tourbillon d'émotion ancré dans son âme. Mais Tom n'est même pas capable de gérer ses propres sentiments, comment pourrait-il calmer ceux de son frère ? Il soupire une bonne fois pour toute, laissant s'évacuer la tension, et attrape sa guitare.
___Roulé en boule sous les couvertures, les oreilles de son éléphant caressant son visage, le brun sursaute presque lorsque les premières notes de musique se font entendre. Il n'a jamais rien entendu de tel. Une mélodie douce et tendre, réchauffant son coeur, balayant les larmes de ses yeux, comme le vent soufflerait les nuages gris. Il se redresse, espérant mieux entendre ces accords qui le bercent doucement.
___Grattant sur sa guitare une mélodie que Gordon lui a appris il y a de cela quelques jours, le blond laisse son esprit vagabonder, au-dessus de tous les soucis présent dans la maison. Il fredonne même les premiers mots qui lui viennent à la bouche. La musique glisse toute seule, Tom a toujours eu une grande créativité. Son frère également ... Se demandant un instant si Bill a gardé son don artistique, il ne s'aperçoit pas que la porte d'en face s'est légèrement ouverte, laissant un corps tremblant comme une feuille au plein vent apparaitre, et marcher doucement dans sa direction.

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___Tom n'aura pas le temps de lever les yeux, que la porte se claquera aussitôt. Même à plusieurs mètres, les battements de coeur de son frère résonnent jusque ici, laissant son propre organe faire écho. Les mains légèrement plus moites, Tom continue de gratter sur son instrument. L'esprit complètement occupé par son frère, il ne s'aperçoit même pas qu'il fait fausse note sur fausse note. Lorsqu'un grincement désagréable résonne entre ses accords plaqués sur sa guitare, lorsque deux chaussettes bleues foncées se glissent hors de la pièce, Tom refera la même bêtise ... Il lèvera la tête ! L'espace de quelques dixièmes de secondes, leurs prunelles rencontrent leurs jumelles. Avant que Bill ne fuit de nouveau. Tout s'est passé très vite, et pourtant le blond a lu dans ses yeux, à quel point son regard lui a pesé. Si les prunelles de Tom sont d'ordinaire si rieuses et débordant de joie de vivre, ses jumelles dégagent une grande tristesse et un profond mal-être. Le plus grand des deux frères payera fatalement son erreur. Bill tentera une énième sortie deux heures après. Le temps pour lui de calmer son coeur, de contrôler ses tremblements, et de chasser d'un coup de cil toute cette humidité qui s'accumulait dans ses prunelles.
___Risquant un torticolis, Tom se force à ne pas lever la tête, gardant les yeux sur sa guitare, résistant à l'envie pure et dure d'ancrer encore une fois ses prunelles dans celles de son frère. Comme une proie échappant à son chasseur, Bill se déplacera doucement et timidement, allant jusqu'à mettre plusieurs minutes à traverser les quelques pas séparant leurs deux chambres. La chambre du blond se remplit de peur, d'appréhension, de trac. Bill extériorise toutes ses émotions, et Tom y décèle même une pointe d'espoir. Le brun fera le tour de la chambre, marchant au ralenti, s'arrêtant devant toutes les photos et posters. Feignant de ne pas voir Tom, il restera plus longtemps devant un cliché datant de douze ans, les représentant tous les deux dans une balançoire double. Tel un flash-back, les souvenirs lui remonteront d'un coup, submergeant sa vue et bouleversant son coeur. Il s'enfuira, presque en courant, préférant s'éloigner de cette période tendre et joyeuse qu'il avait connu jusqu'à ses six ans.
___Comme un nouveau chaton arrivé dans une maison, Bill apprivoisera cet endroit. Touchant timidement et discrètement les murs, le bureau, tout ce qu'il lui tombe sous la main avant de s'approcher de la fenêtre. Contemplant l'autre côté de la rue, le soleil se reflétant dans les pierres blanches des maisons, l'aveugle un court instant. Il rougira de gène et de peur en sentant l'hésitation de Tom. Ouvrant la bouche, la refermant aussitôt, le blond conformément à sa promesse ne le regardera pas sans son accord.

Tom : Est-ce que ... est-ce que tu as bien dormi ?

___S'il n'en aurait pas eu besoin pour faire sortir de son instrument ces si magnifiques notes, Tom se serait mordu les doigts pour avoir posé une question si stupide. Mais c'est la seule qui a réussi à passer la barrière de ses lèvres. En plein milieu de l'après-midi, cette question sonne comme un " Comment vas-tu ? " à une personne mourante. Bill hoche la tête, espérant que Simone n'ai pas parlé de son accident de ce matin. Ses joues prenant une couleur plus foncée à son seul souvenir. Puis il attendit, s'attendant surement à ce que Tom n'engage la conversation. Mais Tom ne bougera pas. Le brun n'est revenu que depuis hier, et déjà les souvenirs affluent en lui. Comme une prémonition, ceux-ci le frappent de plein fouet, et lui coupent le souffle. Cette situation lui en rappelle une autre. Oui ... Bill s'en souvient. Lorsque son frère avait peur, avait fait une terrible bêtise où tout simplement avait une peine de coeur bien trop dur à supporter, il se réfugiait dans un mutisme total. Il se souvient avec douceur et émotion du jour de leur sixième anniversaire. Simone avait engagé un clown pour animer le goûter, faisant ravir leurs petits camarades d'école. Tom en avait eu une peur bleue, allant même jusqu'à ne pas dormir de la nuit, persuadé que ce saleté de clown se cachait sous son lit, attendant son heure pour sortir. Il avait finalement déboulé comme un boulet de canon dans la chambre de son tendre frère, s'immisçant dans son lit, blottissant son visage recouvert de larmes dans son cou. Roulés en boule, jambes et bras s'étaient emmêlés avec leurs semblables. Tom était comme Bill, sensible, ne supportant pas de voir posséder un personnage normalement féerique, censé amuser tout le monde, enfants comme parents. Sans doute avait-il trop regardé de film interdit pour son jeune âge.
___Bill comprend maintenant d'où lui venait sa douleur. Cet oppressement dans sa poitrine l'empêchant de respirer. Sans même le savoir, ils partagent déjà tout. Avantages et inconvénients d'avoir un même coeur, une âme jumelle. Oui, lorsque Tom avait peur, c'est Bill qui le consolait et le faisait sortir de sa bulle dans lequel il s'était enfermé. Mais à présent, lequel doit consoler l'autre ? Lequel doit percer sa bulle, avant de tenter d'entrer dans celle de son frère ?
___Risquant l'attaque cardiaque, mais prenant tout de même sur lui, Bill fera le premier pas, s'asseyant au bord du lit. Les souvenirs lui sont revenus, ainsi que les émotions et les sentiments. Il n'a jamais pu laisser Tom tout seul avec sa peine. Mais malgré toute sa volonté, Bill n'ira pas plus loin, ses mains se sont mises à suer, et ses tremblements le reprennent. Pourtant, alors qu'il était sur le point de prendre la fuite, Le lit grince légèrement, indiquant que Tom refait surface petit à petit. Il pose sa guitare sur le sol, et change plusieurs fois de positions pour masquer sa gène. Un pied posé sur la moquette, celui-ci tape la mesure et tremble sous l'effet de la nervosité. Ayant passé toute la journée à se contenir, le blond n'en peut plus. Comme la goutte d'eau faisant déborder le vase, Tom fera évacuer toutes ses émotions. Craignant que Bill ne l'interrompe comme la veille, il débitera son discours, en même pas quelques secondes.

Tom : Bill tu sais, m-même si je l'ai déjà dit ... J'suis content que tu sois revenu ! J't'ai cherché tu sais ? Lorsque j'ai compris que ... q-que tu n'reviendrais pas. J'suis parti. C'était un soir, et maman était au téléphone avec papa. Elle criait tu sais. Fort, vraiment très fort. J'étais en pyjama, j'ai enfilé mon manteau, et j'suis parti. Maman m'a même pas vu. J'ai couru, j'suis monté à l'arrière du bus. Sans que personne ne me remarque. J'ai réussi à aller jusqu'à Levittown. À l'aéroport ... Et là ... et là ... et là ... J'me suis perdu. J'étais complètement affolé. Y'avait trop de monde. Tout le monde me regardait, je pleurais ... je pleurais tellement fort, mais personne m'a aidé. Je criais, je criais ton nom. Je suppliais qu'on me rende mon Bill. J'aurais donné n'importe quoi.

___Et Bill aurait donné n'importe quoi en ce monde pour que Tom cesse de parler. Son torse se soulève de manière irrégulière, et il gémit de douleur en sentant l'oppression de sa cage thoracique. Remuer tous ces souvenirs sont extrêmement pénible, pour l'un comme pour l'autre. Et aussi abominablement douloureux. Pourtant la curiosité l'emporte sur la gène et la tristesse, et ses mots sortiront tout seul, comme un bouchon de champagne un soir de réveillon.

Bill : Et comment t'as fais ... p-pour rentrer ?

___Regrettant aussitôt ses paroles, Bill détournera la tête, et regardera timidement la moquette bleue de son frère. Dans les yeux du blond, c'est tout le contraire. Une pluie d'étoile vient de s'abattre dans ses prunelles chocolats. Le contraste est violent. Tous se mélange. La tristesse qui émane de ses souvenirs, la joie de voir les premiers pas d'une complicité enfouie depuis longtemps, ainsi que la peur de cet avenir, plus qu'incertain.

Tom : C'est Gordon qui m'a trouvé. Il est pilote d'avion tu sais ? Maman m'avait appris l'adresse de la maison. Je la connaissais par coeur. Elle voulait pas, tu sais, r-reperdre encore un enfant.

___Le coeur ouvert, au bord des lèvres, l'humidité s'est une nouvelle fois invité dans les prunelles des jumeaux. Pour terminer l'histoire, comme pour clôturer le passé, Tom se forcera à finir, malgré ses sanglots, étouffant certains de ses mots.

Tom : Il m'a ramené à la maison. Maman ... l-lui a presque sauté dessus. Ils ont continué à se voir. Et ... e-et ils ne se sont jamais quittés. C'est comme un père pour moi. I-Il est gentil tu sais.

___Un trop plein d'information se bouscule en Bill. Son coeur lui hurle de partir, mais son cerveau refuse d'obéir. Recroquevillé sur lui-même, au bord du lit, il ne faudrait qu'un contact pour qu'il tombe ... encore plus bas. Maintenant lancé, Tom ne peut plus s'arrêter, voulant convaincre Bill que lui aussi a souffert. Presque autant que lui.

Tom : J'donnerais tout Bill. J'donnerais tout pour que nos places aient été échangé. Qu'on ai fait du mal à moi ... et pas à toi.

___Hier encore, le brun aurait été de son avis. Il aurait donné n'importe quoi pour que Tom ai enduré tout ça à sa place. Mais aujourd'hui, tout est différent. Comme s'il n'était jamais parti, il sent sur lui le regard tendre et protecteur de Tom, comme il y a onze ans. Comme il était écrit, que Tom et lui ne se quitteraient jamais.

# Posté le mardi 31 mars 2009 17:32

Modifié le vendredi 15 mai 2009 12:46

*/ Mini Fic 1 : Wild Animal{ Chapitre 3 }__

*/ Mini Fic 1 : Wild Animal{ Chapitre 3 }__
___Seize heures. Les deux frères sont toujours assis sur le lit, leurs jambes planant légèrement au-dessus de la moquette, la touchant du bout de leurs orteils, et sursautant comme deux adolescents pris en faute quand leurs pieds se rencontraient. Ils ont parlé durant toute l'après-midi. Parfois pendant quelques secondes, quelques minutes, rattrapant au vol toutes ces années de perdues, qui ne demandaient qu'à être saisies. La gène et la timidité sont toujours là, laissant à travers leurs mots une certaine distance. Comme une barrière invisible les empêchant d'aller plus loin. Les entrailles de Tom s'ouvrent, et c'est la douleur et la tristesse de son tendre petit frère qui se déversent dedans. Comme s'il mettait de l'eau dans son moulin, Bill se sent bien dans cette chambre, et sourit même à une blague de Tom. Même si les minutes de silence sont bien plus majoritaires que leurs secondes de discussion, celles-ci ne sont pas gênantes. Profitant juste de la présence rassurante de leur âme jumelle, leurs coeurs semblent s'être calmés ... jusqu'à la prochaine tempête.
___C'est un gargouillement de ventre qui fendille la fine pellicule de leur bulle protectrice. Bill rougit à son problème intestinal, et trouve un intérêt soudain à contempler le tissu de ses chaussettes. Après plusieurs minutes de lutte, Tom réussira à le convaincre de sortir de la chambre. Il lui fera visiter l'ensemble de la maison. Les yeux de Bill se posent partout, et les nombreux clichés de sa famille ne l'aideront pas à calmer son angoisse. Comme un agoraphobe dans un train en période de pointe, Bill sera bientôt en nage. Transpirant légèrement, il s'assiéra sur une chaise au hasard de la cuisine, tandis que Tom farfouille dans les placards, en quête d'une boisson et d'une collation comestibles. Il se retournera vers son frère, et ses pupilles légèrement brillantes l'empêcheront de voir son malaise.

Tom : Tiens, du jus de myrtille et ... e-et du chocolat blanc !

___Se mordant la lèvre nerveusement, il espère que son frère se souvienne, que tous leurs souvenirs datant d'il y a onze ans n'ont pas totalement disparu de sa mémoire. Même si ce n'était qu'un détail insignifiant, Tom l'a ancré dans un coin de son cerveau. Là où tout ce qui lui rappelle son frère est inscrit. Si Bill avait un péché de gourmandise, c'était bien celui-ci. Il pouvait facilement vider la bouteille de jus de myrtille et engloutir la tablette de chocolat blanc aux éclats de noix de coco tout seul et en un temps que même les meilleurs mangeurs de Hot-Dogs de toute l'Amérique n'arriveraient à égaler. S'en suivait inéductablement une discussion de maman sur le risque d'obésité et les troubles alimentaire.
___Tel un flash-back le frappant, comme l'eau salé d'un océan s'écrasant sur le rocher noir de sa triste vie, les yeux de Bill s'innonderont de cette saleté de flotte. Le sel lui piquera la gorge, l'empêchant de déglutir, essayant vainement de faire passer ce malaise. Depuis combien de temps n'a-t-il pas dégusté un carré de chocolat ? Cela fait longtemps, bien longtemps que l'odeur sucrée de cette friandise n'embaume plus ces narine Cela fait longtemps, encore plus longtemps que la texture crémeuse et fondante de ce péché ne fonde plus sous sa langue. Encore combien de choses a-t-il oublié ? Combien de choses n'a-t-il pas vu passer ? Onze ans de sa vie lui ont été enlevés et il sait désormais qu'il ne pourra jamais les récupérer. Comme un américain débarquant au Japon, comme un homme préhistorique au XXI ème siècles, il se sent complètement perdu. Un extraterrestre, posant pied sur une planète inconnue, quittant son monde dans lequel il a grandi. Son monde à lui s'est arrêté en 1995.
___Tom n'aura pas le temps de s'inquiéter de l'absence de réaction de son tendre frère, que la porte s'ouvre doucement, laissant entendre le rire doux et chaleureux de Simone. Suivant sa femme, Gordon trottinera derrière elle, un lourd sac de course dans les bras, qu'il déposera sur le plan de travail de la cuisine. Bill se concentrera sur le sourire et les yeux rieurs de son beau-père, là où des petites pattes d'oies marquent son visage charmeur. Souvenirs d'une vie probablement heureuse. Le brun effacera ses yeux humides d'un coup de manche, son coeur s'étant mis à battre la chamade. Son rythme cardiaque résonnant dans ses oreilles, parcourant son corps jusqu'à faire trembler ses doigts de pieds, il n'entendra pas la question de Gordon. Complètement angoissé, respirant fort, il baissera les yeux deux secondes après que le regard de son beau-père ne rencontre le sien. Tremblant légèrement, les mains moites de peur et de chagrin, il gémira doucement de honte. Un coup d'oeil échangé avec son autre garçon, et Gordon fera le premier pas, comme s'il ne c'était rien passé. L'assistante sociale a été formelle, dictant leurs règles comme s'ils avaient affaire à une personne souffrant de schyzophrénie. Pas de mouvements brusques, pas de cris, pas d'échange de regard de plus de cinq secondes. Agir normalement, comme si tout allait bien dans le meilleur des mondes. Agir ... comme s'il ne s'était jamais rien passé.

Gordon : Heureusement que vous êtes là les garçons, on a besoin de muscles pour ranger tout ça ! Votre mère en a achêté pour un ré-gi-ment !

___Levant faussement les yeux au ciel, et après avoir gloussé au sourcil levé de ladite Simone, Gordon embrassera Tom sur le front, comme à leur habitude. N'osant pas aller vers Bill pour subir un rejet trop difficile à supporter, il ne l'oubliera pas pour autant. Lorsqu'il a débarqué dans la vie de Simone, il ne se doutait pas de ce qui l'attendait. Une rupture amoureuse datant d'il y a à peine quelques jours, il avait juré devant Dieu que l'amour ... ce n'était pas pour lui ! Mais pourtant, il s'était attaché à eux, dès le premier instant. Simone, grande, blonde, les yeux d'un marron quasiment ensorcelant était tout à fait son type de femme. Sauf qu'elle était devenue vulnérable, lunatique, changeant d'humeur comme bon lui semblait. Une femme ... anéantie par le chagrin, ayant tout perdu, et croyant que les hommes étaient tout aussi lamentable les uns que les autres. Puis il y avait Tom. En temps normal, la vue d'un enfant l'aurait fait fuir à vitesse grand V. Et pourtant ... il s'y était attaché à ce gamin. Devenu solitaire, l'intérieur de son enveloppe charnelle était tout aussi vide que les prunelles de ses yeux. Ne pouvant en avoir, maudissant Mère nature, chaque jour que son grand ami habitant au-dessus des nuages fait, pour cette différence qu'elle lui a donné, il avait adopté Tom dans son coeur dès la seconde ou ses yeux s'étaient posés sur lui. Il l'avait élevé comme son propre enfant, s'étant fait la promesse absurde de lui rendre le sourire ... ainsi que son frère ! Promesses tenues ... Il était devenu son père qui jamais ne reviendrait.

Gordon : Bill, tu veux nous aider à ranger les courses ?

___Comme si on venait de lui promettre la lune, le brun hochera la tête avant même que l'aiguille des secondes de l'horloge ne bouge. Se sentant obligé de se justifier, Gordon rajoutera un petit ' Nan parce que Tom range toujours n'importe comment ! '. Les deux se chamailleront bientôt, se bousculant tendrement, avant que Gordon ne lui ébouriffe joyeusement ses cheveux emmêlés, sous le regard plein d'espoir de Bill. Il n'est pas le seul à qui les flash black affluent sa mémoire. Gordon revoit les longs mois passés à essayer de gagner la confiance de Tom. Ça n'a pas été facile. Pourtant il y est parvenu. Sauf que Tom n'avait que six ans à l'époque ... Ce n'était pas un adolescent, presque un adulte, détruit pas l'homme qui incarnait son père. Son propre passé refait surface, et il battra des cils discrètement, étant conscient que le moment de se dévoiler n'est pas encore venu.

Gordon : Tom, fais voir tes muscles ! Ils ont poussé depuis la dernière fois ?

___Le brun regardera avec étonnement, une pointe d'amusement dans le regard, son beau-père tâter le biceps de son frère. Après avoir conclu que le fromage avait bien fondu, qu'il était devenu presque dégoulinant, sous le petit cri aigu et outré de Tom, celui donnera une claque sur le torse de celui qui incarne désormais la figure paternelle. Gordon se tournera ensuite vers Bill, ses yeux rieurs se poseront sur lui un instant.

Gordon : Bill ? Tu veux nous montrer toi aussi ? Mettre une raclée à Tom ?

___Sans même avoir réfléchi il se mettra debout, et tendra son bras, comme un patient le ferait pour sa prise de sang. Pour ne plus avoir à subir l'indifférence et la haine d'un père, Bill serait prêt à n'importe quoi. Avec un visage comme le sien, on pourrait habilement lui donner le bon Dieu sans confession. Mais Bill serait capable des pires péchés pour ne plus avoir à endurer ce qu'il a vécu. Un léger sourire nerveux sur les lèvres, Gordon hésitera un instant à lui remonter la manche de son T-shirt. Préférant ne pas tenter le diable, il décidera que non.

Gordon : Plie un peu ton bras ! Pour bander ton muscle !

___Au fond, il s'en fout royalement du concours de muscles qu'il fait avec Tom depuis des années maintenant. Gordon voulait juste faire le premier pas d'une longue et douloureuse route qui les attendait. Il enfoncera doucement sa phalange dans la chair de son bras, faisant s'humidifier les yeux du plus jeune. Gordon est tout près de lui, pouvant sentir son souffle sur sa peau, qui font réveiller en lui des nausées. Son contact le brûle, et ouvre ces cicatrices mises à nues. Mais Gordon ne s'attardera pas. Un pas en arrière, il déclarera en rigolant :

Gordon : Et bien il semblerait que j'ai une équipe de fromage blanc ici ! En route mauvaise troupe !

___Et c'est sous le regard humide de leur mère que les jumeaux graisseront leurs biceps d'huile de coude. Comme sur un grand huit, Bill passera par toutes sortes d'humeur. Au comble de la joie, comme si le fait de ranger les courses était la chose la plus excitante du monde ! L'angoisse, lorsque le bout des doigts de son frère ou de son beau-père frôlent les siens au fur et à mesure que les produits changent de main, avant de trouver refuge dans le placard. La peur, lorsque le brun ne trouve pas la place adéquate de ce fichu pot de nutella. Il tendra le bras, présentant le pot à son frère, espérant qu'il le rangera avant que Gorson ne s'en aperçoive. Les souvenirs l'embrumeront, ses yeux le piqueront, sa gorge hurlera bientôt à l'aide. Le brun panique, Tom ne le voit pas. De dos, trop occupé à essayer de faire rentrer LE morceau de sucre de trop dans la boite, il ne verra pas le pot de cette délicieuse gourmandise trembler de plus en plus. Gémissant doucement, il gesticulera comme un convulsé, ses yeux se posant partout, comme si le rangement allait s'ouvrir juste devant lui ... Trop tard ! Gordon s'est retourné, un paquet de pâtes coincé sous le bras, un autre de riz dans la main, il se figera au comportement de Bill. Posant brutalement le pot sur le plan de travail, il reculera jusqu'au frigo, se cognant douloureusement le dos. Il n'a pas rangé, n'a pas réussi à trouver la place de ce satané pot. Ses yeux brilleront de larmes, son souffle se sera accentué, son coeur accéléré jusqu'à exploser quand ses souvenirs remonteront.
___Mais Gordon ne bougera pas. Il ne s'avancera pas vers lui en hurlant, ne lui jettera pas toutes ces choses qu'il n'a pas réussi à ranger. Il ne le privera pas des aliments resté sur la table. Il ne l'empoignera pas de force, ne l'enfermera pas dans sa chambre noire. Bill veut bien faire des efforts, mais sa mémoire n'a pas l'air complètement d'accord. Trop occupée à pactiser avec l'ennemi, cette traitresse ne cesse de lui envoyer des images de son père. Dans la pièce, tous se sont figés. Attendant que l'autre ne fasse le premier pas, Tom et Gordon se regardent doucement, les deux obligeant l'autre à se jeter à l'eau. C'est finalement Tom qui le fera. Prenant sur son courage, il parlera tout doucement, comme à un animal blessé.

Tom : B-Bill ? Le ... le chocolat ça s'range là ! Dans le placard ! D-Demande moi Bill, d'accord ? Si tu n'sais pas où ça s'range ! J'vais te montrer. Là, c'est le sucré, là le salé ! ... Ou sinon, tu l'poses sur la table si tu n'sais pas.

___Même s'il n'attendait pas de réponse clairement formulée, il restera surpris par le comportement de son tendre petit frère. Leurs prunelles se rencontrent durant un dixième de seconde, avant que le brun ne quitte la pièce précipitamment. Le silence se déchirera par le grincement des lattes d'escaliers, indiquant que Bill a prit la fuite. Maintenant il en est sur, Tom l'a bien lu dans son regard. Y brillait quelques mots, qui semblaient dire ' Je n'y arriverais jamais ! '

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___21 heures. Bill n'a pas quitté sa chambre de toute l'après-midi. Après le désastre des courses, il n'a même pas tenté un pas dehors. Préférant de loin étreindre sa tendre peluche, il ne cessera de répéter dans un coin de sa tête tout un discours pour expliquer son comportement. Sachant très bien qu'il n'arriverra jamais à le réciter, il flânera durant toutes ces heures, regardant tantôt les nuages se déplaçant au gré de leurs envies, se rapprochant dangereusement du soleil, amorçant sa descente vers l'est, trop heureux de retrouver son lit pour quelques heures seulement, tantôt ses nouveaux habits, qu'il n'a même pas essayé. La perspective de se retrouver nu dans sa chambre, alors que n'importe qui a le loisir de rentrer le plonge dans un profond malaise. Le brun n'est pas pudique ... Il est bien plus que cela. Son corps le dégoûte, lui donne la nausée, et il tuerait son propre père pour le changer ... Si il avait le pouvoir d'effacer ses mains qui l'ont fait tant souffrir sur lui. Il aurait pu etre ce genre de garçon, adorant trainer dans les centres commerciaux et autres boutiques, essayant des dizaines de tenues pour n'en choisir qu'une à la fin, la rangeant finalement dans une de ses monstrueuses armoires, croulant sous le tissu et le coton. Mais voilà ça n'était pas son genre. Il n'avait pas d'affaires, n'avait pas d'amis qui l'accompagneraient pendant son excursion shopping, ne se pavanerait pas devant sa famille ... et sa mère ne le complimenterait pas sur l'assortiment de ses vêtements.
___Le brun pousse un énième soupire, essayant d'échapper à ses pensées qui le mitraillent de message. Pourquoi ne pas se rendre à l'évidence ? Bill n'en peut plus de cette solitude. Tout ce qu'il veut, tout ce dont il a désiré durant toutes ces années ... se trouve juste à l'étage d'en dessous. Il sait bien qu'il n'est pas encore prêt à leur sauter dessus, à leur parler ouvertement, de la pluie ou du beau temps. Il veut juste être à leur côté. Là au moins, il se sent en sécurité. Comme tout enfant de 17 ans le serait. Sa place est avec sa famille, non pas cloisonné dans sa chambre avec sa peluche. À l'étage d'en dessous, c'est toute une organisation qui s'est crée.

Tom : Ha putain c'est chaud c'truc !
Simone : Pas de gros mots s'il te plait Tom.

___Levant les yeux au ciel, comme tout adolescent le ferait à la première réprimande de leur mère, Tom posera les toasts brûlant, sortant tout juste du grille pain sur une assiette, où Gordon s'activera à les beurrer avec application. Même si la convivialité est à nouveau au rendez-vous, le malaise fera de nouveau son apparition lorsque les marches d'escaliers grinceront, indiquant la venue du fils tant attendu. Sous l'effet du stress, Gordon cassera même le toast grillé, laissant les miettes de pain se reprendre sur le sol fraichement lavé, signe que Simon n'a pas réussi à calmer ses nerfs autrement que par le ménage. Bill rentrera dans la cuisine discrètement, comme si de rien n'était. Indifférent au regard de son frère, il ne pensera à son estomac qu'en ne sentant l'odeur frais et alléchante du pain grillé. Il se léchera les lèvres un court instant, avant que Tom ne prenne la parole.

Tom : T'as faim Bill ? On allait te monter le plateau. On t'as fait des toasts. Avec du beurre et ... et du fromage. T'aimes ca ?

___Il hochera la tête doucement, et s'assiéra à table, après s'être assuré que tous faisait de même. Il commencerait à grigroter sa tranche de pain grillé, fermant les yeux un instant comme pour mieux savourer l'onctuosité et la douceur du beurre fondu sur son palais. Tout doucement, comme pour ne pas se brûler, il ira créscendo, avalant de plus en plus vite, prenant des bouchées de plus en plus grandes, allant même jusqu'à rafler les miettes de pain dans son assiette, il mettra le tout dans sa bouche ... jusqu'à s'étouffer. Les larmes brillant aux coins de ses yeux, il ne pourra pas s'arrêter. Comme un boulimique en pleine crise, il mangera en quelques minutes ce que sa famille a mis si longtemps à préparer. Il secouera sa tête, comme pour empêcher les images de son passé de venir à nouveau le hanter. Un morceau de fromage de trop, le goût maintenant amer du beurre descendant dans le fond de sa gorge, et son estomac manifestera son mécontentement. Se plaquent les mains sur ses lèvres, il ravalera le tout, et s'apercevra qu'il est le centre de tous les regards. Se rendant compte, surement un peu tard, que son comportement était au combien misérable, il baissera les yeux, n'ayant même plus la force de s'enfuir en courant. Fatigué ... Il est tout simplement lasse de voir ses efforts réduit à néant. Quoi qu'il fasse ... et ce malgré tous ces efforts, cela reste vain. Il gémira en silence, sentant sa gorge le tirer et sa bille faire des siennes. Comme pris de convulsion, son torse se soulèvera de façon systématique, son corps cherchant à faire ressortir tous ces aliments ingurgités en un temps recors.
___Ravalant ses larmes, Tom se mordra l'intérieur de la joue pour ne pas craquer devant son jeune frère. Il frottera nerveusement ses doigts contre la matière rêche de son jean, jetant de temps à autre un coup d'oeil à ses parents, sans qu'aucun d'eux ne veillent prendre la parole. Quoi dire après ça ? Quoi dire à son frère après onze ans d'absence ? Que faut-il dire à une personne détruite, mutilée, auquelle on a volé son âme, pour qu'elle reprenne enfin confiance en elle ? Est-ce que les choses tels que ' T'en fais pas, ça va aller au fil du temps ' marchent ? Non. Tom n'y croit même plus. Perdant confiance, il avait cru que les choses allaient se dérouler d'elle-même. Que tout redeviendrait comme avant. Mais pourtant, Agathe n'avait pas amené un guide de conversation pour les personnes détruites. Essayant maladroitement d'arranger les choses, d'essayer de remettre un peu de couleur dans la vie de Bill, de tasser le noir sur le côté pour faire de la place au rose bonbon ... Ils arrivaient au résultat inverse. Et si en essayant de l'aider ... ils l'enfonçaient davantage dans cette vie misérable. Non, visiblement, il n'était pas écrit que le blond sauverait le brun, et qu'ils auraient vécu en paix pour le restant de leurs jours.
___Craquant enfin, pour toutes les fois où il s'est retenu, le blond se lèvera brusquement, faisant sursauter tout le monde. Tellement surpris, Bill le regardera même, et son menton tremblera lorsqu'il verra les larmes dans les jumelles de ses prunelles. Il étouffera un sanglot, se cachera derrière ses mains, s'attendant presque à être frappé lorsque les pas de Tom passeront près de lui. Pourtant il ne s'arrêtera pas. Allant de plus en plus vite, il montera les marches d'escaliers de quatre en quatre, avant de s'enfermer dans sa chambre, se laissant glisser le long de la porte, tandis que les larmes couleront sur ses joues. Enfin.

___Comme s'ils attendaient le même signal, le brun craquera à l'étage du dessous. S'effondrant sur la table, il n'en aura que faire des miettes de pain et des tâches de beurres qui viendront souiller son T-shirt. Leurs battements de coeur semblable viendront résonner dans la pièce, tandis que leurs chagrins se déverseront. Tout ce qu'ils n'ont pas réussi à se dire, tous ses gestes qu'ils n'ont pas osés effectuer, tous ces regards qu'ils auraient dû échanger, toute cette complicité qui aurait dû se reformer ... Tous ces sentiments ne sortent que maintenant. Sous forme de sanglots incontrôlables. Le brun gémit douloureusement, et murmure le prénom de son frère, espérant au plus profond de lui qu'il revienne.

Bill : Il me deteste, il me deteste.

___Un coup d'oeil échangé entre les deux adultes, et Simonde hochera doucement la tête avant de se lever. Son visage semble serein, mais ses yeux sont remplis de tristesse et de chagrin. La même chose se lit dans les yeux de son mari. Il est temps maintenant. De rallier le passé au présent. Mais la fierté de Gordon l'empêchera de commencer avant que Simone n'ai rejoint Tom dans sa chambre.

Gordon : Bill ? Bill je t'en prie, arrête de pleurer. Tu sais que Tom ne te déteste pas. Tu pourrais faire la pire des bêtises au monde qu'il te pardonnerait encore ... Bill, je comprends ce que tu ressens mais ...
Bill : Non vous ne comprenez pas !

___Il avait répondu en un quart de seconde, et sa voix avait sonné plus forte qu'il ne l'aurait voulu. Détestant la pitié des autres, il ne voulait pas s'engager dans cette direction. Personne ne pouvait comprendre, personne ne pouvait sentir son propre coeur se déchirer jour après jour, sentir son sang couler jusqu'à quitter son corps, sentir ses entrailles s'ouvrir à chaque fois que ses mains se posaient sur lui. Personne ne pouvait comprendre ce que cela faisait ... d'être détruit. Toujours recroquevillé sur la table, cachant son visage humide dans ses mains froide, il ne bougera plus, attentif à la respiration de son beau-père. N'écoutant même pas les paroles de Gordon, il voudrait juste que le monde entier le laisse tranquille. Il ne pourra pas changer, préférant se replier dans un monde imaginaire ou personne ne lui voudrait de mal, plutôt que d'affronter la réalité. Ayant conscience de son comportement plus qu'enfantin, il sursautera presque lorsque la voix de grave de Gordon résonnera dans la cuisine. Et son écho lui renverra un flot de tristesse immense et d'amertume.

Gordon : Bill tu sais ... à moi aussi on m'a fait du mal ... J'avais quinze ans Bill, lorsque ma mère s'est remarié. Je n'ai jamais connu mon père, alors avoir enfin une figure paternelle à la maison me remplissait de joie. J'étais heureux. Ma mère l'aimait tellement. Enfin j'avais quelqu'un pour discuter de football, oui pour jouer aux jeux vidéos ...

___Ses yeux se remplissent d'une douceur infinie, la tendresse de son adolescence. Un sourire vague apparait au coin de ses lèvres, avant de disparaitre brutalement. Comme s'il avait eu honte de se rappeller de ces quelques instant de bonheur, il enchaînera aussitôt.

Gordon : J'étais tellement heureux ... que je n'ai rien dit quand il a commencé à crier de plus en plus fort, ni même quand il a commencé à lever la main sur moi. Ni même quand ses yeux devenaient noirs lorsqu'ils se posaient sur moi. Je crois ... oui maintenant je crois qu'il voulait ma mère pour lui seul. Il n'a jamais beaucoup aimé notre complicité ...

___Le rythme cardiaque s'accélerant, Bill s'autorisera à regarder son beau-père, durant quelques secondes. L'histoire qu'il raconte, c'est la sienne. Lui aussi a connu et enduré les souffrances d'un homme, trop jaloux d'une complicité avec un autre parent. C'est son coeur qui est mis à nu sur la table, c'est ses yeux qui brûlent et qui s'innondent de larmes, c'est son ventre qui se tord, c'est ses entrailles qui s'ouvrent, hurlant leur colère et leur haine contre cet même homme.

Gordon : Ma mère ... n'a rien vu. Où plutôt n'a fait semblant de ne rien voir. Cela a duré trois ans Bill. Durant trois ans, je me suis écrasé. Je n'existais plus. Il m'avait tout pris Bill. Mon honneur, ma fierté, ma liberté ... et surtout ma mère. J'avais bien trop peur de lui pour sortir le soir, de peur de le croiser, qu'il se moque de mes vêtements. J'avais déjà la frousse rien qu'en descendant les escaliers pour aller aux toilettes. Et lorsque je les entendais se disputer le soir, à cause de moi, je ne me précipitais pas comme tout preux chevalier s'en allant sauver sa princesse ... Non, je restais cloîtré dans ma chambre, les mains plaquées sur les oreilles, indifférent aux coups et aux bruits de vaisselles cassées. J'étais lâche ...

___Alors le brun aussi avait cette lâcheté au fond de lui, l'ayant empêché de se rebeller contre son géniteur. Il ne l'a pas empêché de lui faire du mal, il a laissé les choses se passer, empirer, jusqu'à devenir complètement indestructible ... tout comme Gordon l'avait fait. Celui-ci semble avoir oublié la présence de Bill. Perdu dans ses sombres pensées, qu'il pensait avoir rayé définitivement de son coeur, il les cherche au plus profond de son être, bien conscient qu'elles ne s'en iront malheureusement jamais.

Gordon : Je n'étais peut-être qu'un moins que rien à ses yeux, mais pour oublier la maison, je me surpassais à l'école. Sitôt rentré, je me plongeais dans mes devoirs et mes cours, et cela me faisait oublier, rien qu'un instant, ce qu'il se passait autour de moi. Alors à dix-huit ans, les facs m'ont ouvertes leurs portes. J'étais le plus brillant de ma classe, et j'avais remportais mon diplôme haut la main. Avant de partir ... j'ai explosé. J'ai tout raconté à ma mère. Comment elle n'avait pas pris soin de moi durant ces trois ans, comment elle m'avait abandonné, comment elle s'était trompée en épousant cet homme ... J'ai cru que le chantage marcherait. Alors je lui ai demandé de choisir entre lui et moi.

___Reprenant enfin conscience, comme un noyé remontant à la surface, il a réussi à mettre ses pensées de côté et à reprendre le dessus. Il regardera Bill avec une tendresse infinie. comme il aurait voulu que son beau-père le regarde. Les yeux dans les yeux, se tissent au fond d'eux un lien invisible au regard des autres. Comme une promesse silencieuse de ne jamais se faire de mal mutuellement, Bill effacera ses yeux humides avant de demander, d'une voix atrocement faible, comme un chuchotement.

Bill : Et ... et alors ?
Gordon : Alors à dix-huit ans, je suis parti de la maison.
Bill : Elle l'a choisie lui ?

___Oubliant même sa timidité et sa gène, le brun avait parlé sans réfléchir, tellement cela l'avait choqué. Rougissant légèrement quelques minutes plus tard, il se sentira extrêmement bien sous le regard tendre et rassurant de son beau-père.

Gordon : Oui, elle l'a choisie ... Lui. Et depuis notre relation n'a plus jamais été la même ... Alors tu vois Bill, je crois que je suis la personne la mieux placée pour te comprendre. Je te comprends mieux que quiconque. Je sais que c'est très dur, c'est nouveau pour toi, toutes ces nouvelles personnes autour de toi, qui ne demande qu'à t'aider. Mais comme elles ne savent pas comment faire, elles tentent milles et une choses, et ne tombent jamais sur la bonne solution. Bill on va y arriver. Je te promes qu'on va y arriver.

___C'était évident, tellement évident, que le brun se demanda pourquoi il n'y avait pas pensé plus tôt. À la première seconde où il l'avait vu, il savait que cet homme ne lui ferait jamais de mal. Pourquoi s'être enfui tant de fois, tournant le dos à la main qu'il lui tendait ... Les yeux humides, le menton tremblant comme une feuille en plein vent, il hochera doucement la tête, avant que Gordon ne confirme ses pensées, avec un tendre sourire sur les lèvres. Et dans ses yeux brillaient un papillon prenant son envol, qui sonnait comme une promesse. Cependant, une chose viendra perturber ce moment de paradis entre l'enfer de leurs passés. Rien qu'un seul nom et Gordon aura compris.

Bill : Tom ... I-Il m'en veut beaucoup ?
Gordon : Bill, je t'ais déjà dis qu'il ne t'en voulait pas. Tu sais c'est très dur pour nous tous, mais pour lui ça l'ai encore plus. Il t'a tellement attendu Bill, s'est imaginé dix mille scénarios en tête, a répété trente-six discours devant son miroir ... et au final ce n'est pas du tout ce qui est arrivé. Il n'est pas aussi fort qu'il le pensait être.

___Bill a déjà fait un énorme pas en avant, et pourtant avec Tom, il est déjà en train de reculer. Comment dire à son jumeau à quel point il vous a manqué si le regarder dans les yeux est déjà trop dur à supporter ? Comme lisant dans ses pensées, Gordon répondra à sa question silencieuse.

Gordon : Il faut juste que l'un de vous fasse le premier pas Bill. Si tu ne te sens pas assez courageux pour lui parler, tu peux juste aller le voir, t'assoir près de lui. Il comprendra très bien le message. Et il n'en sera que plus heureux si cela vient de toi. Lui a bien trop peur que tu le rejettes pour le faire.

___Tel un flash-back, ses yeux se voileront et le voile de son passé se dessinera. Il se souviendra avec émotion de toutes les fois où il avait été se pelotter contre Tom, recherchant son pardon après avoir cassé son plus beau jouet. Frottant son nez contre sa gorge, il ne cessait de murmurer des centaines de ' Pardon Tomi. ' L'odeur de sa peau, la tendresse de son regard, la douceur de ses bras qui l'enveloppaient, signifiant que le blond ne lui en voulait déjà plus, éclateront dans le coeur du brun, refaisant couler un sang neuf dans ses veines. Un sang pur, chaud, et réconfortant. Un sang nouveau, qui coulerait bientôt dans le corps de son frère.

# Posté le mardi 14 avril 2009 16:06

Modifié le vendredi 15 mai 2009 12:46